Un bruit assourdissant retentit dans les appartements d’Erzèbeth Nàsdy. Ou plutôt, un mélange entre un vase lancé à terre avec rage et un cri de colère. Sans s’arrêter là, la Nécromancienne saisit un nouveau récipient en crystal et en hurlant elle le lança contre un mur :
"Non ! Non et non !!"
Amélia apeurée tournait autour de sa maîtresse en la suppliant de se calmer mais celle-ci poussa un tel hurlement que la pauvre servante s’en alla en courant. La Finlandaise n’en pouvait plus. D’abord le problème avec Elizabeth Bathóry, son ancêtre faisait des siennes faisant passer la Nordique pour une incapable, puis la déception avec Liam, la menace de Sliven et maintenant sa mère ! Un dernier son strident se déploya dans les appartements, mais cette fois, tant les sentiments de la Nymphe Obscure la faisaient souffrir qu’une partie de sa puissance s’échappa de son aura. Plusieurs tableaux volèrent donc en éclats ainsi que quelques fenêtres. A bout de nerfs, la Scandinave qui avait les cheveux en pagaille et les yeux rougis, saisit une bouteille de Vodka et sortit. Tout en dévalant les marches elle déboucha la fiole et se mit à boire l’alcool russe à grandes gorgées. La comtesse faillit tomber, ne tenant plus sur ses talons elle les balança sans ménagements dans le couloir dans lequel elle se trouvait. Tout en se perdant dans Lómilendë la noble buvait, buvait, buvait. Après une vingtaine de minutes, Erzèbeth commençait non seulement à avoir du mal à marcher, mais également du mal à ne pas pleurer. Comprenant qu’il était temps qu’elle se « cache » la Nordique s’enfila dans la première salle qu’elle vit ouverte et elle se retrouva … dans l’immense auditorium du château. Lentement tout en continuant à porter le goulot de la boisson enivrante à ses lèvres, la Finlandaise alla s’asseoir au milieu d’une rangée de siège et se mit à chanter sans retenue
"Leave me alone, I wanna go home, I don’t wanna see you, so leave me alone"
Puis, commençant à faiblir, la voix de la Nécromancienne finit par trembler et, lâchant ses émotions et ses peines, la comtesse se mit à pleurer à gros sanglots. Pris d’un accès de rage elle commença à frapper du poing le siège de devant tout en se mordant la lèvre. Mais soudain, il y eut un bruit. Pétrifiée, Erzèbeth se stoppa nette, elle lâcha la bouteille désormais vide et se leva faisant face à …
"Bordel non …"
Ne put s’empêcher de grogner la Scandinave. Vanina Tsukiyo. Tentant tant bien que mal de sauver le reste de son honneur la Nymphe Obscure commença à passer nerveusement sa main dans sa chevelure indomptée. Elle avait fière allure. Une tignasse noire partant dans tout les sens en guise de cheveux, du mascara plein le visage, des yeux rouges et enflés, un filet de sang coulant de sa lèvre, le corset de sa robe – noire – complètement défait, pieds nus. Mais dans quel pétrin elle ne s’était pas fichée pensa la belle. Quelle tarte elle avait fait en sortant de ses appartements aussi. Elle pensait à quoi ? Que personne ne l’entendrait chanter des chansons mélancoliques, que personne ne l’entendrait hoqueter, que personne ne l’entendrait pleurer… pleurer. Elle qui s’était jurer de toujours se contenir. Oui, Erzèbeth avait bien changé, mais une chose était sûre, question orgueil et honneur elle restait la même. Et dans une situation pareille… il devenait difficile de faire face. Cependant, avec une voix – presque – normale, elle s’adressa à sa collègue.
"Très chère… y’a pas idée de se promener dans une aula à ces heures ? Tu cherchais quoi lolipop ?"
Lolipop ?! C’était quoi ce sobriquet débile que venait de lui affubler la Nécromancienne ? La Nippone ressemlait-elle donc tant à une sucette ? D’une démarche plus qu’incertaine la Finlandaise se dirigea vers la Chamane. Mais en cours de route elle perdit l’équilibre et tomba sur Vanina. Les deux directrices se retrouvèrent donc au sol, le visage de la Nordique à quelques centimètres de celui de sa collègue. La Nàsdy se mit à glousser.
"Tiens, tiens… ce n’est pas toi qui m’avais fait des avances lors de notre premières rencontre ?"
Se mettant à rire de plus belle Erzèbeth se leva tant bien que mal, et sourit malicieusement à la Chamane. Toutes ces choses qui tombaient en même temps sur elle c’était trop. Certes elle était forte, mais humaine. Et depuis que son cœur avait connu l’amour, une part d’Erzèbeth était morte.
[HJ : Chanson chantée par Erzèbeth : Savourez ]
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† Comtesse de sang et Comtesse de Sang †
L'immortalité c'est de travailler à une oeuvre éternelle.
Ernest Renan
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