AccueilMembresPortailGroupesRechercherFAQS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Le Chemin de la Mort. [Ilian Adelsohn] - Terminé

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

Erzèbeth Nàsdy
Patient(e) - service 3


Feuille de personnage
Nationalité: Finlandaise et Hongroise
Magie pratiquée: Nécromancie
Âge: 54 ans

Nombre de messages : 467
Age : 24
Date d'inscription : 01/07/2007

MessageSujet: Le Chemin de la Mort. [Ilian Adelsohn] - Terminé    Lun 3 Oct 2011 - 21:02
Aussi inexpressive qu’une statue, la comtesse observait d’un regard froid et en silence le jeune allemand se dépêtrer tant bien que mal avec l’insolent « Montre-moi ce que tu sais faire » que lui avait placidement balancé la nécromancienne sans aucune aide ni conseil ou même exigence particulière. Erzèbeth avait littéralement jeté l’allemand sur le sentier sinueux et obscur de l’apprentissage sans aucune lumière. Ingénieux le petit utilisa d’un sort pour forcer les rongeurs aux alentours à se montrer. Première indication implicite il ne pouvait former un zombie à partir de rien ; le contraire au considérablement étonné la finlandaise. Rapidement et proprement Ilian se débarrassa des rongeurs, puis il s’accroupit près des bêtes désormais sans vie et en releva trois – sur quatre. Les rats zombifiés se précipitèrent alors avec hargne sur la comtesse avec la furieuse envie de lui arracher le premier bout de chair couleur porcelaine qu’il pourrait trouver. Le troisième rongeur quant à lui était resté inerte près d’Ilian qui honteux regardait la nordique en attente d’un verdict.

Sans que la comtesse ne prononce une seule formule ou ne bouge d’un centimètre les trois rats se stoppèrent et s’assirent docilement ; le quatrième – qu’Ilian n’avait pas réussi à relever – s’agita doucement et vint gracieusement rejoindre ses congénères. Erzèbeth prit la parole sur un ton impartial.

-Ce que tu viens d’effectuer est à la portée d’un élève de première précoce ; la réanimation sur matière présente faisait partie du programme de deuxième. Ton égo sera donc flatté de savoir que tu te sous-estimes. Cependant si l’on considère ton âge et les capacités de nécromanciens qui te sont contemporains les tiennes sont clairement risibles ; médiocres.

La lueur d’espoir qui s’était allumée dans les yeux de l’allemand lorsqu’il entendit qu’il était meilleur qu’il ne le croyait s’éteignit aussi soudainement qu’elle était apparue. L’élémentaliste baissa la tête. Le silence qui s’en suivit l’énoncé d’Erzèbeth n’était troublé que par les couinements des rats devenus dociles comme des agneaux. Pour la première fois depuis leur entrée dans la salle la comtesse bougea ; elle s’approcha d’Ilian et une fois à sa hauteur lui fit signe de se lever avant de s’adresser une nouvelle fois à lui sur le même ton détaché.

-Je ne saurais dire si tu es bimage ; ce qui est cependant certain c’est que tu possèdes en effet des dispositions nécromanciennes et que je suis disposée à t’enseigner cette complexe magie.

Erzèbeth sentit plus qu’elle ne vit la satisfaction, le soulagement et le bonheur traversé l’esprit et les yeux de l’allemand ; il allait devenir l’élève de la plus puissante des nécromanciennes connues.

-Mes conditions sont simples. Ne t’attends en aucun cas à une focalisation unique sur la pratique ; pour pratiquer la nécromancie il faut avant tout comprendre son difficile – même pour les nécromanciens – fonctionnement, d’autre part je suis très exigeante. Je ne tolère pas le manque de travail et je me réserve le droit de mettre fin à nos cours selon les deux critères suivants : une absence d’assiduité ou simplement une stagnation de la progression sur le long terme qui montrerait simplement tes limites en matière de maniement de la nécromancie.

Le jeune allemand approuva respectueusement. Comme quelques minutes auparavant, sans même que la comtesse ne bouge ou prononce une parole les rats s’écroulèrent subitement.

-Sais-tu pourquoi à mon approche tes zombies ont changé d’allégeance et sont devenus dociles ?

La finlandaise désirait estimer au plus vite l’étendue – ou au contraire l’étroitesse – des capacités nécromanciennes de l’allemand aussi bien pratiquement que théoriquement.


Dernière édition par Erzèbeth Nàsdy le Mer 12 Oct 2011 - 17:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Ilian Adelsohn
Disparu(e) - Défunt(e)


Feuille de personnage
Nationalité: Deutsche
Magie pratiquée: Elémentaliste
Âge: 23 ans

Nombre de messages : 61
Date d'inscription : 15/08/2011

MessageSujet: Re: Le Chemin de la Mort. [Ilian Adelsohn] - Terminé    Jeu 6 Oct 2011 - 16:15
Der junge Ilian hatte es geschaft. Frau Nàsdy war damit, sie würde ihm Ihre Art und Weise unterrichten. Für Adelsohn war dieser Entscheid eigentlich eine grosse Ehre und gleichzeitig ein riesiges Challenge. Un très léger sourir de satisfaction et d'auto-suffisance éclairait à présent la figure du sorcier allemand. Aujourd'hui, 5 ans d'espérance étaient enfin récompensées. En devenant l'élève de la plus grande nécromancienne contemporaine, et après avoir suivi les enseignements de Maître Tugendbach, le alte Hexenmeister, Ilian était d'ores et déjà assuré d'avoir un avenir dans le monde sorcier. Des perspectives innombrables s'offraient à lui, à présent, il n'avait plus qu'à faire preuve de l'audace nécessaire pour réaliser sa chance, et devenir à terme un mage d'exception, au sens plein du terme, à l'instar de ceux dont il tirait sa connaissance.

A l'énoncé des exigences d'Erzèbeth, Ilian acquièsça poliment. Il avait confiance en lui et se savait capable de soulever des montagnes, aussi longtemps que sa motivation ainsi que sa volonté - hautement inflexible- étaient de la partie. Si Erzèbeth voulait un élève assidu, elle n'avait aucune crainte à avoir avec lui. Ilian, à condition de se voir proposer un enseignement de qualité, était prêt à consentir à tous les sacrifices, à investir tous le temps nécessaire dans un apprentissage fait de rigueur quotidienne. Indéniablement, le garçon faisait parti des individus disposant d’un talent, d’une intuition, largement supérieurs à la moyenne des individus.

Apparemment, l’apprentissage commençait sans délai. Erzèbeth articula en effet une question en lien avec les derniers évènements, sans doute pour tester les aptitudes théoriques de l’Allemand, peut-être pour s’assurer de sa vivacité d’esprit ou encore de la qualité des déductions qu’il pouvait fournir dans la précipitation.


- Humblement, j’avoue ne pas savoir. Mais je peux poser un raisonnement. Manifestement, les créatures que j’ai animé ont changé de camp en s’approchant de vous générale Nàsdy. En incluant ce que je sais de vos talents de nécromancienne dans l’équation, je dirais que ces rats ont changés d’allégeance parce qu’ils ont été soumis à un pouvoir de contrôle plus grand que le mien en s’approchant de votre corps.

Je pense qu’on peut en déduire plusieurs choses... Premièrement, le niveau du mage dominateur est déterminant dans le cadre de la manipulation d’êtres relevés. Ensuite, le rapport géographique entre manipulateur et manipulé constitue un autre paramètre à ne pas négliger. Enfin, plus on a de créatures sous son contrôle, plus il est probable qu’un adversaire parvienne à renverser la situation sur quelques sujets. Un joug de domination répartis sur divers être est forcément plus faible qu'un joug unique exercé sur un seul individu. Ca semble évident.

Le nécromancien en herbe se tue, attendant un complément d’information de la nordique. Peut-être lui donnerait-elle tord d’emblée, à vrai dire, il n’avait fait qu’improviser une réflexion sur la base d’observations hâtives, et il n’était pas encore à même de véritablement penser en « nécromancien », demeurant avant tout un élémentaliste.

En revanche, il était certain qu’Ilian avait hâte de se voir introduit aux principes théoriques de base de l’art nécroman, cela lui permettrait enfin de réaliser quelques avancées notables.


- Professeur Nàsdy ? Il y a un sortilège en particulier que je souhaiterais apprendre, néanmoins, j’imagine que ce sera délicat pour vous d’accepter, et de toute manière, il est peut-être un peu tôt. C’est juste que j’ai lu des choses, et me voilà intriguer…


Le regard brillant, la voix un brin plus grave qu’auparavant, et l’air fatigué, Ilian témoignait toujours du même optimisme, celui-là même qui le mènerait loin dans l’existence, le garçon en était persuadé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Erzèbeth Nàsdy
Patient(e) - service 3


Feuille de personnage
Nationalité: Finlandaise et Hongroise
Magie pratiquée: Nécromancie
Âge: 54 ans

Nombre de messages : 467
Age : 24
Date d'inscription : 01/07/2007

MessageSujet: Re: Le Chemin de la Mort. [Ilian Adelsohn] - Terminé    Jeu 6 Oct 2011 - 18:10
Après une courte réflexion Ilian répondit à la question de la nécromancienne. De l’intelligence il en avait, c’était indéniable. Beaucoup d’intelligence. Les gens de la trempe d’Ilian avaient généralement toute l’attention de la comtesse. Ils étaient des êtres prometteurs et curieux qui seraient capables de faire de grandes choses et de marquer l’avenir en le modifiant ; ces gens-là sortaient de la masse. La nécromancienne les gardait donc à l’œil, prête à leur apporter ses connaissances et à les fortifier… ou à les briser sans aucune pitié les empêchant ainsi de devenir des tyrans mégalomanes utilisant leurs prédispositions égoïstement plutôt que pour protéger les plus faibles. Erzèbeth contrairement aux idées préconçues qu’on se faisait sur elle ne haïssait pas beaucoup de choses. Cependant, les gens intelligents et puissants ayant voué leur existence à une recherche folle de pouvoir se convertissant dès lors en despotes égoïstes et égocentrique lui inspiraient le plus grand dégoût. S’il y avait d’ailleurs une chose pour laquelle Erzèbeth était reconnaissante, c’était pour sa puissance innée qui lui permettait de lutter avec hargne contre ces êtres pourris faisant de la nordique une des rares sorcières à avoir jamais réussi à se dresser avec succès contre les plus grands mages dictateurs de son époque. Le jeune allemand était déjà grand et son système de valeurs était depuis bien longtemps établi. Savoir qu’il avait été durant de nombreuses années un élève particulier d’Ambroise n’inspirait aucune confiance à la finlandaise ; oui Ilian aurait toute son attention.

La réponse bien qu’incomplète se rapprochait beaucoup de la réalité. Erzèbeth se contenta donc de le corriger d’une voix neutre.

-Bonne déduction. Ce que tu appelles vulgairement « pouvoir de contrôle » se nomme en fait l’Aura Noire. Elle est innée chez chaque nécromancien et varie en fonction de la puissance et des prédispositions de ce dernier.

Réprimant un sourire, Erzèbeth ne put s’empêcher de se remémorer les nombreuses fois où des nécromanciens qu’elle combattait avait poussé des cris d’horreur mêlés de surprise lorsqu’ils avaient vu les hordes de zombies qu’ils venaient d’envoyer sur la comtesse se retourner contre eux. Sans que la nordique ne prononce une seule formule les morts-vivants étaient passés sous son joug.

-Le critère géographique est donc implicitement lié à l’Aura Noire. Il est tout à fait possible de relever des morts à de très grandes distances et de les maintenir sous contrôle. Le sort est cependant plus complexe à effectuer. Autre fait notable, un zombie ne change pas automatiquement d’allégeance à l’approche d’un autre nécromancien. Les Auras Noires puissantes donnent des avantages indéniables mais je me suis moi-même retrouvée plusieurs fois incapable de faire changer un zombie d’allégeance.

La comtesse marqua une pause. Tout le monde avait ses limites ; et c’est certainement la première chose qu’elle allait enseigner à Ilian qui semblait ignorer qu’il en possédait. Le jeune allemand, trop intelligent pour se croire invincibles se savait également composé de faiblesses mais son égo était si démesuré que le savoir était purement théorique ; il n’avait certainement pas souvent fait l’expérience de l’échec. La finlandaise qui se dirigeait vers l’autre bout de la salle, marchait dos à Ilian ; il ne la vit pas sourire à cette pensée. Arrivée au bout de la pièce la finlandaise se retourna et poursuivit.

-Le nombre est, encore une fois, une variable à considérer comme tu l’indiques mais pas une fatalité. Les meilleurs nécromanciens sont capables de relever une dizaine de zombie en très bonne condition avec facilité. Les sorts deviennent juste plus complexes avec la distance et le nombre.

Ilian n’avait pas d’Aura Noire, la nécromancienne en était certaine ; et c’est bien là que résidait le mystère. Malgré tout il possédait certaines aptitudes nécromanciennes, le cas était intéressant. La finlandaise décida qu’elle ferait des recherches. Après avoir écouté la réponse de sa désormais professeure Ilian reprit la parole. Pour la première fois depuis leur rencontre, Erzèbeth sortit de son état de glaciale impassibilité et sourit. Puis d’une voix au ton indéchiffrable répondit.

-Je t’écoute.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Ilian Adelsohn
Disparu(e) - Défunt(e)


Feuille de personnage
Nationalité: Deutsche
Magie pratiquée: Elémentaliste
Âge: 23 ans

Nombre de messages : 61
Date d'inscription : 15/08/2011

MessageSujet: Re: Le Chemin de la Mort. [Ilian Adelsohn] - Terminé    Sam 8 Oct 2011 - 19:54
- Le sortilège du solipsisme d'angoisse face à la mort...

Ilian esquissa l'ombre d'un sourire. La terminologie qu'il avait utilisée était de son propre fait; il s'en servait pour décrire un maléfice terrible que d'autres mages nécromanciens désignaient par des appellations variées, qui toutes selon l'Allemand, rendaient plus ou moins mal la réalité des effets du sort.

Le garçon réalisa qu'Erzèbeth, bien que non familiarisée à la terminologie utilisée, avait compris ce à quoi il faisait allusion. En effet, si la comteses du grand nord avait il y a un instant encore daigné réchauffer un peu son paraître de glace, elle venait à l'instant de renoncer à cette entreprise, redevenant instantanément plus distante et réservée. Le sujet abordé par Ilian était grave, il décrivait un enchantement très poussé et passablement compliqué à réaliser. Face à l'expression lugubre de la Professeur Nàsdy, Ilian précisa encore.


- ... J'ai vu les effets de ce sort. Une amie élémentaliste de talent en a été la victime, sous mes yeux. Le nécromancien qui a pratiqué l'enchantement, en le réalisant, ne l'a pas tué... Il s'est appliqué, et il a fait pire: il lui a volé son âme. En inspirant la peur de la mort à sa victime par le sortilège du solipsisme d'angoisse face à la mort, il l'a complètement paralysée. Mon amie était incapable de se mouvoir, de la sueur d'angoisse perlait de son front, ses yeux exprimaient l'effroi. Elle était seule au monde, elle et sa propre finitude, elle et la mort. Elle en avait une peur folle à la base, je le sais, et en usant du sortilège, le nécromancien contre qui elle se battait ne s'est pas trompé d'arme. Il l'a terrassé. Elle ne s'en est jamais remis. Aujourd'hui encore, cette fille vit en institution, sous la surveillance constante de médecins. C'est dire si l'arme est redoutable. Je sais néanmoins que ca ne fonctionne pas de la même manière sur chacun...

L'apprenti nécromancien se tue. Il ne désirait pas lever davantage le voile sur les circonstances qui l'avaient amené à vivre la réalisation du sortilège. Le fait est que les évènements en question l'avaient marqué, et qu'il s'était renseigné sur la question par la suite, en fouyant dans la littérature spécialisée. Il avait fini par trouver des ouvrages intéressants sur le thème en question, et passionné, Ilian désirait maintenant se servir de ces quelques dons en nécromancie pour apprivoiser une technique si redoutable. En combat, en duel plus encore, ce sort était à même de constituer l'atout décisif. Il ne devait pas être pris à la légère.

En parallèle, le garçon espérait découvrir les procédés qui permettaient de lutter contre la peur de la mort, et d'ainsi enrayer la magie en question, la privant d'effet. Il avait déjà une petite idée des procédés à même d'atténuer les ravages d'un tel sort, mais pour vérifier ses thèses, l'allemand avait besoin de pratique.

Il conclut:

- A dire vrai, j'espère que vous daignerez faire une démonstration de ce sortilège, que vous maitrisez surement, sur mon humble personne. J'ose escompter que les effets qui se produiront ne seront pas semblables à ceux qui ont gâcher la vie de mon amie...

Ilian se tue, il en avait finit. En son fort intérieur, il doutait fortement que la finlandaise daignerait accéder à cette nouvelle requête. Sans doute allait-elle trouver quelques objections à lui opposer.

[HS: Et hop! Le 1500e message du Fofo, il est de MOI ☀ ]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Erzèbeth Nàsdy
Patient(e) - service 3


Feuille de personnage
Nationalité: Finlandaise et Hongroise
Magie pratiquée: Nécromancie
Âge: 54 ans

Nombre de messages : 467
Age : 24
Date d'inscription : 01/07/2007

MessageSujet: Re: Le Chemin de la Mort. [Ilian Adelsohn] - Terminé    Dim 9 Oct 2011 - 17:56
A peine Ilian eut il énoncé le nom du sortilège nécromant qu’il désirait apprendre que le sourire de la comtesse disparut. Sceptique, la comtesse était même carrément déçue. Elle s’était en effet attendue à quelque chose d’alléchant, de complexe et d’osé, et l’allemand s’était contenté d’évoquer le sortilège de la Morsure de la Mort. Après avoir écouté son élève lui demander de pratiquer ledit sort sur sa personne, Erzèbeth répondit à son élève d’une voix froide teintée de dédain.

-Sache que sur les bons sorciers ce sortilège est inutile. Seuls les mages superficiels et fragiles ont peur de la mort.

Ce n’était pas tant le fait que l’allemand s’intéresse à ce sortilège qui décevait la scandinave, mais plutôt l’air théâtral, le sourire malsain et la voix gutturale qu’il avait utilisé afin de tenter de donner de l’importance à un sort qui n’en avait pas réellement ; du moins certainement pas autant que le garçon l’aurait voulu. L’attitude démontrait une perception lacunaire de la nécromancie qu’avait l’élémentaliste. Ce qui avait passionné le jeune lieutenant furent certainement les effets dévastateurs qu’eut le sort sur son amie et l’idée qu’il pourrait infliger pareils dégâts à quelqu’un d’autre. Ce mode de pensé dérangeait particulièrement la comtesse. Erzèbeth se décida malgré tout à lui laisser une seconde chance et continua son explication.

-… Et sur un sujet à qui l’angoisse du trépas est totalement étrangère, le maléfice n’a quasiment aucun effet si ce n’est un léger étourdissement. A ce titre la Morsure de la Mort peut en effet être très utile pour déstabiliser un adversaire ; en aucun cas pour le mettre hors-jeu.

Cynique et tranchante la comtesse poursuivit.

-De toute évidence votre amie ne devait pas être aussi bonne sorcière que vous le pensiez ; du moins pas mentalement.

La nécromancienne marqua une pause entendue avant de rependre d’une voix plus sévère.

-Il y a une très grande différence entre être têtu et responsable Ilian. La volonté ne passe pas par la bêtise et l’avidité ; il faut savoir reconnaître ses limites et les accepter. De plus comme précédemment dit, être un bon sorcier réside plus dans le mental que dans les capacités magiques, bien que ces dernières soient importantes.

En demandant à la nécromancienne de devenir son enseignante Ilian s’était certainement engagé à plus qu’il ne le pensait, car dès le moment ou la comtesse avait accepté il était devenu limpide pour cette dernière que l’enseignement ne porterait pas uniquement sur la nécromancie ; ce serait un enseignement de vie. L’allemand cherchait indéniablement la puissance et la domination sur ses semblables. L’ambition était une qualité qu’appréciait énormément la comtesse, cependant la voracité dont faisait preuve l’élémentaliste à l’égard de la supériorité n’inspirait aucun respect à la nordique. Ambition et avidité était séparés par un gouffre que l’allemand ne semblait pas connaître.

-Les vrais nécromanciens n’ont pas peur de la mort. Leur don leur permet d’apprendre à l’apprivoiser, la modeler et enfin l’accepter lorsqu’elle viendra ; mais en aucun cas de la craindre. J’ose donc espérer que le solipsisme d’angoisse face à la mort comme tu le nommes toi-même n’aurait aucun effet sur toi.

Toujours séparée par la vingtaine de mètres qu’elle avait mis entre eux lors de son déplacement vers l’autre bout de la salle, Erzèbeth laissa le silence s’installer et Ilian accuser le coup. Puis elle reprit d’une voix autoritaire.

-Tu n’as qu’une hâte c’est découvrir les plus puissants sorts nécromanciens et les apprendre ; je me trompe ?

Ilian ne répondit pas ; mais son silence valait toutes les réponses du monde. La finlandaise sourit à nouveau et ordonna.

-Dans 5 secondes je vais te lancer un sort, tu as carte blanche pour réagir. Déclenche un ouragan pour te défendre si ça te chante.


Impassible et menaçante la comtesse commença à égrener les chiffres.

-5…4…3…2…1…

Prompt comme l’éclair Ilian créa un dôme de feu autour de sa personne alors qu’Erzèbeth chuchotait.

-Unnr Myrkr

Instantanément une vague noire s’abattit sur Ilian et sa protection, tous deux furent comme mangés par le sortilège. La Vague Ténébreuse. Le lieutenant allemand se retrouvait maintenant dans une obscurité qu’aucune lumière ne pouvait éclairer, qu’aucun son ne pouvait troubler et qu’aucune odeur ne pouvait pénétrer. Chaque seconde qui s’écoulait les ténèbres se refermait sur le lieutenant qui, paniqué, lançait à tort et à travers des sort qui allait se perde dans l’obscure chaos nécromant qui était désormais sa prison. L’allemand était impuissant et piégé. Tout exceptionnel qu’il était, il se retrouvait dans une situation de soumission totale, incapable de faire quoi que ce soit pour se défendre. La Vague Ténébreuse ne se contentait pas de happer les sortilèges et les sens mais aussi les émotions et les sensations. Ilian sentit soudain un froid indescriptible se saisir de lui et son corps se vider. L’espoir, la volonté, la peur, la haine […] tous les ressentis humains s’effaçaient petit à petit, engloutis dans les impitoyables landes de la mort ; les ténèbres. Alors qu’Ilian allait passer le point de non-retour et perdre à jamais son humanité, Erzèbeth mit fin au sort. La vague disparut aussi vite qu’elle était apparue, laissant sur le sol un Ilian recroquevillé, froid et le regard perdu.

Erzèbeth s’approcha de son élève, une fois à sa hauteur elle s’accroupit et lui murmura.

-La pédagogie de ma méthode d’apprentissage est certainement plus que contestable mais j’ose espérer que le message de la leçon est bien acquis.

La comtesse se releva et d’une voix froide conclut.

-Tout le monde a ses limites.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Ilian Adelsohn
Disparu(e) - Défunt(e)


Feuille de personnage
Nationalité: Deutsche
Magie pratiquée: Elémentaliste
Âge: 23 ans

Nombre de messages : 61
Date d'inscription : 15/08/2011

MessageSujet: Re: Le Chemin de la Mort. [Ilian Adelsohn] - Terminé    Dim 9 Oct 2011 - 22:06
Erzèbeth commença par avoir des mots plutôt durs à l'encontre d'Ilian, sur un ton qui trahissait la déception. Manifestement, elle s'attendait à ce qu'il lui parle d'une autre magie, peut-être plus sombre, plus complexe, plus perfide encore... Enfin, après quelques développements sur la question, la Professeur enchaîna sur un autre thème.

Elle évoqua la volonté. Il s'agissait de distinguer entre cette qualité humaine et les penchants négatifs qui en découlaient dans l'excès; entêtement, bêtise... ~Faiblesse...~, songea Ilian, en son fort intérieur.

De marbre, l'Allemand n'avait montré aucune réaction lorsque la nordique s'était autorisée un commentaire négatif à l'encontre de son amie qui avait été victime d'un sort nécroman. Intérieurement néanmoins, le garçon bouillonnait, et l'idée de défendre cette personne qu'il appréciait et qu'il estimait injustement dénigrée par Erzèbeth naissait pour mourir aussitôt. Précisément parce qu'Ilian, contrairement à ce que semblait supposer la finlandaise, connaissait et respectait ses limites. Sa philosophie consistait néanmoins à tenter de les dépasser, aussi longtemps que cela restait raisonnable. C'est ainsi que le jeune homme définissait la grandeur, c'est ce à quoi sa volonté s'appliquait la plupart du temps. Tendre au mieux, ramener plus, vouloir davantage, tout en ayant conscience de son imperfection et de ses limites actuelles. Voilà ce qu'était la sagesse. D'une voix sèche, le lieutenant se résigna tout de même à formuler une remarque:


- Professeur, vous ne devriez pas juger sans connaître. L'amie dont je parle était une grande sorcière. Son mental n'avait rien de faible. Le sorcier qui a jeté le sort ne s'est pas contenté d'exploiter une crainte onthologique qui était en elle, il a créer une angoisse, puis il l'a nourrie. C'était de toute maestria.

Erzèbeth poursuivit en évoquant les qualités du nécromancien, qui devait apprivoiser, modeler, et accepter la mort comme une fin en elle-même, une fatalité naturelle, ni bonne ni mauvaise en soi. L'Allemand acquièsca. Il partageait ses vues et y décelait même une grande compréhension de l'existence. Après tout, c'est la grande Erzèbeth Nàsdy qui se dressait à quelques mètres de lui, il n'y avait rien d'étonnant à pareil discours.

La générale de l'OMDS asséna dans les secondes qui suivirent une grande vérité au sujet des ambitions d'Ilian, vérité à laquelle le garçon n'opposa rien d'autre qu'un silence qui valait affirmation. Il n'en fallu pas plus pour que la générale ne se sente le besoin d'afficher sa supériorité. La magicienne proclama aussitôt qu'elle défiait Ilian de résister par quelque procédé que ce soit au sort qu'elle s'apprétait à lancer. Ce dernier, interloqué et un brin effrayé, n'eut d'autres choix que de se préparer au pire. Persuadé néanmoins que ce qu'il entreprendrait serait vain, l'élémentaliste allemand invoqua un bouclier de flammes, dans le but de griller tout ce qui s'apparenterait à un zombie et que la nordique pourrait éventuellement envoyé à ses trousses.

Son attaque néanmoins fut tout autre. Une vague ténébreuse entoura bientôt l'élémentaliste, face à laquelle il était complètement impuissant. Rassemblant ce qu'il avait en lui de courage et de volonté, il se résigna à ne rien pouvoir entreprendre et fut vite englouti par les ténèbres, qui dévorèrent ses ambitions, sa hargne, ses espoirs, la lumière alentour, les sons, les odeurs... Il n'y avait plus que le néant et en son sein, l'apprenti nécromancien, qui ne tarderait pas à se désintégrer lui-même dans pareil vide. Il avait beau chercher une issue, le lieutenant n'en voyait pas. Désespérément seul, coupé de son univers, le garçon cru attendre une éternité avant que le charme ne se dissipe.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, Ilian était allongé sur le sol de la salle d'entrainement, glacé, blême. Son bouclier de feu avait disparu et accroupi à ses côtés, il y avait Erzèbeth. Ce qu'elle venait d'entreprendre, selon ses dires, c'était la dispense d'une leçon. N'empêche qu'il aurait bien pu y passer...

Ilian rétorqua, tout en se relevant, tant bien que mal:

- J'ai conscience de mes limites Professeur Nàsdy, et cette démonstration n'était pas nécessaire si elle avait pour but d'affirmer votre supériorité. Entre vos pouvoirs et les miens, il y a encore un fossé, dont j'ai parfaitement conscience. Néanmoins, merci. Je pense pouvoir retirer quelque chose de cette glaçante expérience. En approchant la mort de la sorte, j'ai pu davantage l'appréhender, et je crois que je commence à comprendre.

Malgré ses efforts pour cacher sa déstabilisation, Ilian n'arriva pas tout à fait à faire croire à Erzèbeth que l'expérience qu'il venait de vivre n'avait pas eu sur lui le moindre effet traumatisant...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Erzèbeth Nàsdy
Patient(e) - service 3


Feuille de personnage
Nationalité: Finlandaise et Hongroise
Magie pratiquée: Nécromancie
Âge: 54 ans

Nombre de messages : 467
Age : 24
Date d'inscription : 01/07/2007

MessageSujet: Re: Le Chemin de la Mort. [Ilian Adelsohn] - Terminé    Mar 11 Oct 2011 - 22:37
Tant bien que mal, Ilian se releva et s’épousseta. D’une voix qu’il voulait calme il prit la parole et dans un discours contradictoire et branlant expliqua à sa professeure qu’il connaissait ses limites et qu’il pensait néanmoins avoir retiré des choses utiles de l’expérience qu’il venait de vivre. D’une voix plus douce la nordique lui répondit.

-Je ne juge personne Ilian. Je te parle d’expérience ; en tant qu’experte nécromancienne je peux te l’assurer, la Morsure de la Mort n’est pas un sort qu’on pourrait qualifier de fatal. Ton amie avait peut-être de grandes capacités magiques, cependant elle avait – je peux te l’assurer – une importante défaillance mentale. La peur de la mort connote une peur de l’inconnue, une peur du progrès et un grand manque d’acceptation de l’incontrôlable, de l’inévitable. Je ne voulais pas te blesser, mais les faits sont ce qu’ils sont ; la sorcière en question n’était pas une magicienne accomplie, c’est une évidence.

La finlandaise marqua une pause avant de reprendre calmement.

-Et bien si tu m’assures que tu connais tes limites c’est parfait, j’ose dès lors espérer que cette leçon t’auras appris autre chose. Ton avidité pour l’apprentissage de sorts dangereux en nécromancie – et en élémentaliste de même je n’en doute pas – combinée à ta soif de pouvoir et à ce qui me semble être un grand manque de conscience ne me plait guère. Réfléchis toujours avant d’infliger des sortilèges nuisibles dans le sens profond du terme. C’est une chose de marquer quelqu’un physiquement, de le blesser ; c’en est une autre de s’attaquer à son âme et à son humanité. Il y a une très grande différence entre les sorts offensifs physiques et des sorts aussi toxique que la Vague Ténébreuse qui détruise bien plus que des os ou des morceaux de chair. Ton envie d’appréhender l’art nécromant est également certainement motivé – et c’est tout naturel – par une farouche envie de le comprendre afin de pouvoir mieux te défendre contre d’éventuels adversaires nécromanciens. Je ne peux te donner qu’un conseil ; la meilleure arme contre la nécromancie est le sang-froid. Tout comme sa composante la plus importante d’ailleurs. Maitriser cette magie requiert beaucoup de calme, comme l’affronter.

Alors qu’elle allait s’en aller la nécromancienne s’arrêta et reprit.

-Et cesse avec cette obsession de la supériorité. C’est insultant d’entendre que tu crois que je tentais de te prouver quoi que ce soit. Je suis la meilleure nécromancienne contemporaine ; et si l’on en croit la rumeur tout simplement la meilleure nécromancienne qui n’ait jamais existée. Je n’ai rien à prouver, surtout pas à un mage de 20ans mon cadet.

Avant de disparaitre par l’embouchure de la porte Erzèbeth ordonna une dernière chose à son élève.

-Vendredi 20h00 à la lisière de la forêt. Sois ponctuel.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Ilian Adelsohn
Disparu(e) - Défunt(e)


Feuille de personnage
Nationalité: Deutsche
Magie pratiquée: Elémentaliste
Âge: 23 ans

Nombre de messages : 61
Date d'inscription : 15/08/2011

MessageSujet: Re: Le Chemin de la Mort. [Ilian Adelsohn] - Terminé    Mer 12 Oct 2011 - 17:09
Suite ici.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le Chemin de la Mort. [Ilian Adelsohn] - Terminé    
Revenir en haut Aller en bas
 

Le Chemin de la Mort. [Ilian Adelsohn] - Terminé

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Nos chemins se croisent, ce n'est pas un hasard [Louane]
» A deux doigts de la mort. [Terminé]
» [Terminé]Les habits de La Mort
» A l'autre bout du chemin... [Pv Brume + Libre]
» 25 septembre 1991, Aristide à L'ONU : Liberté ou la mort !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Lómilendë :: Fin du Supplice :: Archives :: Archives de la trame 3 :: Posts de la trame 3 :: Rez-de-chaussé, Etages et Tours :: Etages :: Premier Etage :: Salle d'Entrainement-